Silence du désert
Minute de silence
Pauses et soupirs
qui assurent la musique
Silence de l'amitié
Au bout de moi est
un long silence
d'éternité
Un nid de silence
gardien de mon exil
sur cette terre
Denise Doderisse
Silence du désert
Minute de silence
Pauses et soupirs
qui assurent la musique
Silence de l'amitié
Au bout de moi est
un long silence
d'éternité
Un nid de silence
gardien de mon exil
sur cette terre
Denise Doderisse
Comme un enfant
Jouer au jeu
du chat
et de la souris.
Jouer au jeu de la vie.
Comme un enfant
Glisser
pour le plaisir
du jeu
dans cette partie
aux règles difficiles.
Comme un enfant
Se prendre
au jeu de la vie
d'instinct
en toute candeur
fraîcheur et naïveté.
Comme un enfant
Apprendre
la vie
en jouant
et perdre de vue
le réel meneur de jeu
Denise Doderisse
Le bel aujourd'hui s'est emparé de l'azur
Avec l'audace qui évince les nuées
Et suspend, dirait-on, la vie éberluée
Devant ce manège pareil à l'enclosure.
Alors les oiseaux en tendre demi-mesure
Secouent l'audacieux de leurs chants enjoués.
Et puis les cigales, de leurs cris stridulés,
le déchiquettent, en font de la dentelure.
Sa virginité brisée, il reste, pourtant,
Ce vivace jour d'hui, ô combien insouciant,
Lui qui méconnaît les gageures de la vie.
Il n'est que le présent dont il jouit ardemment
Et n'a pour la kyrielle des jours que mépris.
Il reviendra demain en Phénix triomphant.
Denise Doderisse
Mon dieu ! Mon dieu !
susurrait Dame Fourmi
sidérée.
Mon dieu ! Mon dieu !
s'exclama-t-elle
affolée.
Mais où donc …Mais où donc…
Mais où donc l'ai-je
égaré ?
Et de tourner en rond
et rond et rond
petit patapon
A la recherche
de son bien
- une miette de pain…
que je lui avais dérobée
Devant son émoi
je lui ai vite restitué
son trophée
qu'elle a traîné
à petits pas pressés
jusqu'à l'entrée
de son manoir
où elle s'est faufilée…
Denise Doderisse
Vive le potimarron !
Qui, dorénavant, ignore son nom ? !
Mais pourquoi pas la pomate
à couleur de patate,
et la poirine
de teinte mandarine
ou le fraisin
en grappes lie-de-vin ?
Mais aussi le sanglochon
rose comme cochon,
le carilope
à cornes d'antilope
ou bien l'oiphant
à trompe d'éléphant ?
Et pourquoi pas la pomrafe
avec cou de girafe,
le sanglorange
glabre comme pervenche ?
Sans omettre la fematte
aux tendres yeux de chatte,
le bel homaptéryx
à la plume prolixe !
Cette liste, si vous voulez,
vous pouvez l'allonger !
Mais de vos créations
faites-vous une obligation
de me les décliner !!!
Denise Doderisse
corolles en coupes
pour l'ambroisie de l'Olympe
magnolia nacré
Denise Doderisse
Chez moi, dit le petit chat
J'ai pour gentil compagnon
une espèce de gros rat
qui fleure le saucisson.
Chez moi, dit le petit chien
J'ai pour bonne compagnie
un joyeux ange-gardien
tout barbouillé de cambouis
Chez moi, dit le petit chat
Mon plat est de porcelaine
Souvent rempli de gouda
comme à la fête foraine.
Chez moi, dit le petit chien
Mon écuelle est de vermeil.
Elle vient des Babyloniens
dérangés dans leur sommeil.
Chez moi, dit le petit chat
Trotte une vraie souris bleue.
Elle porte un sarrau de drap
quand elle peint un scrofuleux.
Chez moi, dit le petit chien
Se promène tard le soir
un squelette hugolien
qui vient toujours dire bonsoir.
Chez moi, dit le petit chat
Il y a une fillette
qui agite fort ses bras
tel Vishnou quand il tempête.
Vishnou ! dit le petit chien
Tu te crois chez les Hindous !
Change vite de maintien
ou tu finis chez les fous !
C'est un jugement de chien !
rétorque le petit chat.
Bavardages de vaurien.
Restons comme chien et chat !
Denise Doderisse
Le mot "mariage" peut faire peur mais une signature "au bas du parchemin" peut-elle changer de profonds sentiments ? Au contraire de G.Brassens (La Non-Demande en Mariage), ma réponse est non.
Voici le texte dit au cours d'une cérémonie de mariage civil pour des amis qui ont passé 23 années de leur vie en compagnonnage. La "cérémonie" - suivie de sa complice, la signature - n'a en rien changé leurs sentiments respectifs mais a, sans conteste, laissé de très joyeux souvenirs à tous les participants.
Après tant d'années passées hors-la-loi
Pourquoi vouloir se fondre dans la loi ?
Après tant d'années à dire non non
Pourquoi dire oui oui à LA question ?
Napoléon vous aurait-il soufflé
Les mots qu'il avait déjà prononcés
A propos des gens que l'on dit de rien
Et qui veulent devenir gens de bien ?
" Les concubins se passent de la loi …"
Ah ! Ce bon début vous laissait narquois.
Mais tandis que le temps vite filait,
que les enfants au fil des jours croissaient,
Vous fûtes saisis, ô combien surpris,
d'avoir omis la deuxième partie :
" La loi se passe d'eux ". Alors perplexes,
Vous crûtes être des extra-terrestres.
Comment ? La Loi ne nous reconnaît pas !
C'est tout comme si nous n'existions pas !
Loi scélérate ! Elle sait nous trouver,
Et ne pas négliger de nous taxer !
Oui ! Dans nos meubles meublants et nos biens,
dur de trouver à qui çà appartient !
Certes ! Nous avons dédaigné la tontine,
oublié qui achetait les sardines !
Maintenant on s'aperçoit que l'Etat
va s'emparer - on s'en mordrait les doigts -
de nos achats - c'est résumé bien sûr -
Néanmoins, quelle grossière imposture !
Fort heureusement, on vous a aidés
à trouver la solution : vous marier !
Bref, la vie légale peut commencer
car notre ami Bruno va officier…
Denise Doderisse
*tontine : (droit) Association de personnes qui mettent leur capital en commun pour jouir d'une rente viagère; cette rente elle-même (reportée, à chaque décès, sur l'ensemble des survivants)- Le Petit ROBERT -
Quand l'envol s'autorise
ailes du rêve déployées
Mon être cristallise
autour de cet oiseau léger
d'azur comme le ciel
par une aube claire d'été
Son œil couleur de miel
reflète un écho étoilé
Son aile compagne du vent
s'irise de doux songes
s'égaillant dans l'espace-temps
L'oiseau du voyage m'entraîne
comme plume accrochée
Et ma mémoire court avec peine
derrière ses souvenirs
Comme le rouge chrysanthème
poursuit lors d'un soupir
les pétales follement bohêmes
de sa crinière léonine
Alors une vie clandestine
se faufile et s'obstine…
Denise Doderisse
Quéqu'fout là l'corbac dans c't arbre - Quéqu'la dans l'bec - ça s'rait-y pas un calendos ! V'la l' r'nard…C'est qu'l coulant y sent pas qu'un peu !
V'la l' r'nard qui jaspine au cor'bac : que j'te cause d'ton croa et que j'te cause d'tes plumes ! y ment pas qu'i dit l'r'nard ! Sans blague ! Et que j't'en rajoute : c'est l'plus beau…c'est l'quoi ? l'phénix des bois ! Y va pas l'croire ! Mais si c't'andouille :c'est qu'i va répondre – ça craint ! l'a rien pigé ! plaf ! l'calendos i'tombe !
L'r'nard i' pique vit'fait l'coulant baraqué ! ben pir' : i'li' fait la l'sson…C's'pas faux c'qui dit : que si on t'flatte, c'est qu'on va t'piquer quèque chose !
Pov' corbac - l'est tout con ! S'en r'met pas ! j'crains qu'i' s'fasse pas avoir une aut'fois !
La Fontaine revisité !
Denise Doderisse