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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 07:20

 

 

Il y a des choses que je ne dis à personne

Alors

Elles restent en moi

Cailloux noirs de fumée

entassés pêle-mêle

qui encombrent ma tête

alourdissent mon estomac

Et freinent ma pensée

me créent des nausées…

Tas de cailloux noirs de

fumée qui s'envole en volutes

au cheminement aléatoire

spirales enroulements déroulements

 

Tas de cailloux

Entassés pêle-mêle

Et puis le tas s'écroule dans un

silence prégnant des choses

que je ne dis à Personne

Alors

Les cailloux veulent

jaillir dans des hoquets qui

écorchent le corps et l'âme

Ces choses ces choses que Personne n'entend

Ces choses-cailloux

vivent leur propre vie

et leurs arêtes laissent

d'innombrables meurtrissures

 

Mais avec le temps avec le temps

les arêtes des cailloux vont peut-être s'adoucir

Et les cailloux rugueux devenir

galets ronds et polis

Couleur de mélancolie ?

 

 

Denise Doderisse

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 14:50

Pour la Cour de récré de M'dame JB, au travers de ce prénom Wilfer, je rends hommage à la mer ( et ça rime !!! ).

 

 

 

Wilfer, du signe des Poisssons,

Ignorait tout de la mer, de ses mystères

Légitimement, il se disait qu'il lui fallait connaître le frisson

Féerique des profondeurs marines de caractère.

Et il plongea sans plus de raison, sans plus de façon,

Resta à jamais, médusé,dans ces lieux si peu vulgaires.

 

 

Denise Doderisse

 

meduse-pelagia-1329864

 

 

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 19:24

J'ai dernièrement écrit ce haïku :

 

 

comme papillons

soudain figés dans leur vol

blanche efflorescence

 

 

Voici sur la même idée ce que propose Marie-Alice ( cf commentaires ) et je trouve cette version tellement plus évocatrice que j'ai souhaité la poster.

 

 

 

 

vol de papillons

soudain figés  dans l'azur

blanche floraison

 

Marie-Alice 

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 10:16

 

Faute de temps.

 

L'Hôtel de l'Arrimeur affichait complet en ce week-end de l'Ascension. Ses fenêtres ouvraient sur le Bassin d'Arcachon qui vibrait de voiliers, de bateaux à moteur de pêche ou de plaisance, de pinasses soigneusement entretenues et de barges à fond plat qui glissaient sur les hauts fonds parmi les parcs à huîtres…

 

Ce monde en mouvement ne semblait guère intéresser la jeune femme du 105. Nulle contemplation ne suspendit ses occupations : elle lava sa paire de collants, ôta la tache qui médaillait de façon grotesque son chemisier vert-pomme, remplaça un bouton qui s'était évadé d'un pantalon, peut-être injustement serré… Elle s'épila quelques sourcils sortis du rang, arracha un poil follet qui avait pris la liberté de pousser sur un grain de beauté, là, entre les deux yeux… Quand la sonnerie du téléphone retentit, elle était assise sur le balcon et achevait de décorer ses orteils en les peignant de noir…

La sonnerie de son téléphone portable lui chatouilla agréablement les oreilles. Elle le saisit dans un geste amoureux…

  • Allô ? dit-elle en étendant les jambes et en agitant les orteils… Le vernis noir d'encre… une couleur extra…bien posé… aucune bavure… presque sec… Sa vie allait se concentrer dans cet engin impersonnel, ce qui la comblait.
  • Allô, Doudou ?

La jeune femme fit une grimace de dépit : elle aurait quand même préféré un autre correspondant, et ce surnom qu'elle exécrait ! Elle recula légèrement l'appareil de son oreille.

  • Ouiiiièèè…
  • Pourquoi n'as-tu pas téléphoné hier soir ? J'étais morte d'inquiétude ! Tout ce trajet…
  • J'ai essayé plusieurs fois mais c'était le répondeur…
  • Tu aurais pu laisser un message…Dis-moi, tout va bien ?
  • Mais oui ! TRÈS bien ! Il fait une chaleur épouvantable !
  • Jacques ne supporte pas vraiment la chaleur que je sache ?
  • Nnnon… Mais nous venons d'arriver ! Il n'a pas encore eu de réaction… marmonna Dominique en agitant le pied vigoureusement. Décidément, ce vernis était long à sécher…
  • Vous êtes arrivés quand ?
  • Hier soir…tard dans la soirée et…
  • C'est toi qui conduisais ? Tu n'es pas trop fatiguée ?
  • C'est Jacques qui conduisait !
  • Comment ! Tu l'as laissé conduire ! C'est incroyable !
  • Oui, c'est LUI qui conduisait, très bien d'ailleurs, sans aucune nervosité…rétorqua Dominique, tout en vérifiant du bout d'un ongle que son vernis avait acquis toute sa dureté…
  • Est-ce qu'il a encore essayé d'aller plus vite que les arbres ou que la route ou je ne sais trop quoi ?
  • Je t'ai dit qu'il avait bien conduit !Il n'a pas dépassé le 130 – nous avons pris l'autoroute – Il est resté sur la file de droite, n'a pas systématiquement cherché à doubler…
  • Curieux ! Il n'a manifesté aucun signe concernant son obsession ?
  • Bof… Il évitait simplement de trop fixer le marquage au sol ! Les minutes qui filent …
  • Donc, ce n'est pas terminé ! Et à l'hôtel, comment s'est-il comporté ?
  • Eh bien…A peine arrivés dans la chambre, il s'est mis à tourner en rond, en répétant JE SUIS CHRONO CHRONOMETRE ROI DE LA CHRONOMETRIE JE SUIS CHRONO JE MESURE LE TEMPS JUSQU'À L'HEURE FATALE ! FATUM ! et il faisait tourner son bras de plus en plus vite. C'était d'un drôle, railla Dominique.
  • Je ne partage pas ton avis ! Te souviens-tu des poésies qu'il a écrites, notamment sur le temps ?
  • Pas exactement ! A dire vrai, sa poésie me semble très hermétique !
  • Fais un effort pour le comprendre…Discute avec lui…
  • Excuse-moi une seconde, s'empressa de dire Dominique, tout en prenant une cigarette qu'elle alluma. Elle en tira une bouffée complaisante et se cala dans son fauteuil…Oui? exhala-t-elle dans un nuage de fumée bleutée.
  • Voilà… Je voulais te dire… On en a parlé au psy : ses achats de pendules, d'horloges, de réveils, ses "courses contre la montre", son désir effréné d'être cosmonaute…
  • Je n'ai pas saisi pourquoi d'ailleurs !
  • Aller plus vite que le temps…
  • Passons. Qu'en a pensé le docteur ?
  • Je n'ai pas saisi tous les termes qu'il employait mais il souhaitait vivement le rencontrer…
  • Ça n'a pas servi à grand-chose jusqu'ici et il me semble plutôt calme...
  • On ne peut pas savoir ! Vous devriez rentrer…
  • Hors de question ! Il y a bien longtemps qu'on n'avait pris quelques jours tranquilles, sans les enfants !
  • Et votre chambre ?
  • Impeccable ! Exactement ce dont je rêvais, avec vue sur le Bassin d'Arcachon et ses couchers de soleil… L'ennui, c'est que…
  • Jacques ?
  • Oui…Les couchers de soleil l'impressionnent terriblement !
  • Quand je dis que vous feriez mieux de revenir !
  • Laisse-nous un peu de temps ! D'ailleurs, je ferais mieux de raccrocher, il va arriver d'un instant à l'autre…
  • Où est-il donc ?
  • Sur la plage.
  • Sur la plage ? Mais tu es folle de le laisser ainsi tout seul !
  • Bvou…Il n'est quand même pas si atteint ! Et j'ai horreur d'aller sur la plage avec lui – Il est ridicule avec ses chaussettes!
  • C'est nouveau ! Pourquoi garde-t-il ses chaussettes ?
  • Oh… J'en sais rien. Je crois que c'est encore une histoire de temps !
  • De vent ?
  • Non, de temps avec un T comme Thomas !
  • Et tu ne trouves pas ça pour le moins bizarre ?
  • On ne va pas recommencer ! Je te répète qu'il est calme ! Je ferais mieux de raccrocher maintenant… soupira la jeune femme
  • Appelle-moi si il y a un quelconque changement dans son …
  • D'accord ! Je t'embrasse et… ne t'inquiète pas.  

Dominique posa tendrement son téléphone, puis écrasa sa cigarette. Elle se retourna vers la fenêtre, sentant une présence.

 

Jacques regardait fixement les éclats sanglants du soleil couchant, le canon d'un fusil sur la gorge…Le soleil explosa …

 

      Denise Doderisse

     Nouvelle ayant obtenu le 3ème prix au concours littéraire 2013 de Arts et lettres de France

site : www.artsetlettresdefrance.fr )

 

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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 07:04

Sur une photo de Martine Richard, des robiniers dont les fleurs inondent le ciel...

 

robiniers-600X450.jpg

 

comme papillons

soudain figés dans leur vol

blanche efflorescence

 

entrelacs de fleurs

sur fond azur d'espérance

icône de vie

 

un tamis de fleurs

voile l'avenir en bleu

image partielle

 

Denise Doderisse

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 09:25

Pour la Cour de Récré de M'dame JB, voici une Fanchon qui sait profiter de la vie en toute simplicité...

 

 

Fanchon bien que bonne chrétienne

Avec du vin fut baptisée, comme il est dit dans la chanson.

Nonobstant ce, elle ne fut pas non plus sartrienne.

Ce fut, je veux le croire, une espèce de papillon, un beau machaon,

Hardiment virevoletant sur des fleurs azuréennes,

Oublieux des hasards funestes et des trahisons.

Nature aimant la vie et nimbée de clarté sereine.

 

 

Denise Doderisse      

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 06:14

Pour Le Coucou du Haïku, d'aprrès un tableau de Frédéric Leighton, une déclinaison en haïshas*.

 

 

15-Orange--belle.jpg

 

 

      un doux soir d'été

 jeune beauté assoupie

nimbe d'orangé

 

tourbillon orange

cheveux et voile ruchés

pour nymphe alanguie

 

barège orangé

marié à de longs cheveux

un cercle magique 

 

 

Denise Doderisse 

 

*haïku avec photo

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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 06:10

Sur une suggestion de Nounedeb, le thème du rideau, trois haïkus pour le Coucou du haïku..

 

 

Rideau-Thieree.JPG

 

 

 

terme du spectacle 

le rideau tombe avec grâce    

ainsi de la vie

 

 

voile vers l'envol

pour une grande aventure

 dénouement secret

 

 

souplesse du voile

plissé vaporeux et flou     

charme du matin

 

 

Denise Doderisse

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 10:52

LE MOUCHOIR ET L'ÉLÉPHANT

 

 

 

Un éléphant sur le sentier

posa son pied sur un mouchoir

ruisselant de blanc, son gros pied

en forme de disque, un mouroir

pour le blanc mouchoir immolé.

 

Tout à coup, l'éléphant leva

le pied. Alors le mouchoir

fit la roue et vite se dégagea

du pied de l'éléphant, coupoir

fait pour le crever. Il râla :

 

" Aââh !"de soulagement,

se déployant avec bravoure

devant ce balourd très pesant.

" Et sur ce tréteau alentour,

pose donc le pied doucement.

 

Ainsi tu apprendras à faire

le pitre et alors tu pourras

dans un cirque, être populaire.

Jamais plus tu n'écraseras

Sans plus d'égard un pauvre hère.

 

Car il te sera difficile

De te soustraire à l'esclavage !

Condamné à faire l'imbécile

Tu oublieras cet avantage

De la puissance non servile."

 

 

 

Denise Doderisse

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 08:00

Pour le Coucou du Haïku, sur un thème de ABC, un jeune anniversaire et une modeste contribution...

 

 

 

anniversaire.JPG

 

 

pour anniversaire

trois bougies étincelantes

toute fraîche vie

 

Denise Doderisse

 

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  • Denise Doderisse
  • Un blog qui présente certaines de mes créations ...selon l'humeur du jour et qui se réjouit d'entrer en relation ( et échange ) avec les blogs  portant le même intérêt à toutes formes d'art...
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